Voisinage Sud Méditerranée
Bonne gouvernance et Etat de droit

Le directeur du journal en ligne Casbah Tribune et correspondant en Algérie de Reporters sans frontières (RSF) et de TV5 Monde, Khaled Drareni, a été condamné, mardi, en appel à deux ans de prison pour « incitation à un attroupement non armé et atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Incarcéré le 29 mars dernier, le journaliste algérien restera en détention. Selon l’un de ses avocats, Mustapha Bouchachi, l’affaire sera portée en cassation. Ce verdict a été prononcé alors que plusieurs personnes appelaient à la libération du journaliste qui sombre dans un état de santé précaire.

Réagissant à cette nouvelle, le secrétaire-général de RSF, Christophe Deloire, a estimé que « son maintien en détention est la preuve d'un enfermement du régime dans une logique de répression absurde, injuste et violente ». Chekib Drareni, frère du journaliste, s'est dit « écœuré, choqué et déçu de la décision de la Cour qui renforce encore une fois l'injustice en Algérie ».

A l’initiative de RSF et de TV5 Monde, une manifestation de soutien s’est organisée à Paris en présence du maire Ariel Weil. Les manifestants ont appelé à la libération de tous les détenus politiques en Algérie, estimés à cinquante personnes selon des défenseurs des droits humains.

Rappelons que Khaled Drareni, âgé de 40 ans, a été arrêté en mars dernier après avoir couvert une manifestation d’étudiants à Alger. Jugé en compagnie de Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, deux figures du soulèvement anti-régime acquittés de l'accusation « d'incitation à attroupement non armé » et condamnés à un an de prison, dont quatre mois ferme, pour « atteinte à l'unité nationale » - le journaliste a aussi été condamné pour avoir critiqué sur les réseaux sociaux « la corruption et l'argent » du système politique et d'avoir publié le communiqué d'une coalition de partis politiques appelant à une grève générale.