Voisinage Sud Méditerranée
Sécurité et lutte contre les violences

La Commission indépendante internationale des Nations-Unies sur la Syrie a publié, mardi 15 septembre, un rapport accablant sur la situation des droits humains en Syrie. Menée entre le 11 janvier et le 1er juillet 2020, l’enquête a dévoilé de graves violations commises par l’ensemble des acteurs du conflit sur l’ensemble du territoire syrien. Lors de la présentation du rapport, le président de la Commission, Paulo Pinheiro, a déclaré « il n’y a pas de mains propres dans ce conflit ».

Les investigations onusiennes se sont entre autres penchées sur la situation des régions kurdes dans le nord de la Syrie ; des régions occupées par les Trucs. Soupçonnée d’avoir commis des crimes de guerre, l’Armée nationale syrienne (ANS), soutenue par la Turquie, est accusée de séquestration et de viol à l’encontre des femmes kurdes des régions d’Afrin et de Ras el-Aïn. 

Dans un centre de détention à Afrin, dans le nord du pays, les enquêteurs de la Commission ont relevé plusieurs cas de violences sexuelles contre des femmes et des hommes. « À deux reprises, des officiers de la police militaire de l’ANS, cherchant apparemment à humilier les détenus de sexe masculin et à leur arracher des aveux et leur inspirer de la peur, ont forcé des détenus masculins à assister au viol d’un mineur » ajoute le rapport.

La Commission indépendante internationale des Nations-Unies sur la Syrie a appelé la Turquie à assumer ses responsabilités « en assurant, dans la mesure du possible, l’ordre et la sécurité publics, et d’accorder une protection particulière aux femmes et aux enfants ». Les pouvoirs turc ont également été appelés à respecter les obligations applicables découlant des traités relatifs aux droits humains à l’égard de tous les individus présents dans les zones placées sous leur contrôle effectif.